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"Le blé du pain de l'amour, qui annonce au village de nouveaux enfants."
Le Château - 04120 La Palud sur Verdon - 0-492-773-202 (tel/fax) maisondesgorges@wanadoo.fr
tous les jours sauf le mardi, de 10H à 12H/16H à 18H (du 15/03 au 15/11), de 10H à 13H/16H à 19H (du 15/06 au 15/09)...
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LA PALUD SUR VERDON - GRAND CANYON
Parc Naturel Régional du Verdon (commune adhérente)
La Palud sur Verdon village au coeur des Gorges
Réserve géologique de Haute Provence
Le Forum
Agence de Développement Touristique 04
  Au milieu du XIe siècle, la grande seigneurie de Châteauneuf englobe le territoire des communes actuelles de châteauneuf-de-Moustiers et de La Palud sur Verdon...
  ... Entre les deux et les dominant, une forteresse appelée " Castrum Novum " hérisse la montagne dite plus tard " Les Barris ".  En 1062, l'un des coseigneurs donne sa part du château et de l'habitat rural  à l'abbaye Saint-Victor de Marseille.  Les moines possèdent déjà, près du lieu, le petit monastère de Saint-Maurice de Mayreste (aujourd'hui Saint-Maurin et ses grottes). Au pied du Castrum Novum, sur un promontoire surplombant une étroite plaine marécageuse, ils bâtissent alors l'église d'une nouvelle paroisse et la dédient à "  Notre Dame de Palude ".
      Dispersée jusque-là dans la plaine et ses environs, la population est rassemblée, au début du XIIe siècle, autour du château afin de mieux la contrôler. Ce déplacement s'accompagne de la création d'une autre église accolée au mur d'enceinte. Fin XIIe-début XIIIe siècle, les comtes de provence mènent plusieurs guerres contre la baronnie de Castellane, réfractaire à leur autorité.  Au cours de l'une d'elles, le Castrum Novum tombe entre leurs mains (1189). Ses seigneurs peuvent toutefois conserver la partie nord du territoire. Ils y transfèrent l'ancien toponyme et y construisent un nouveau château (sur le point culminant du village actuel de Châteauneuf). La partie sud , de même que l'ancienne forteresse  dont elle dépend toujours, n'a donc plus de nom. Adoptant le vocable de la première église paroissiale, elle s'appelle désormais la Palud. C'est d'ailleurs autour de cette vénérable église qu'à la fin du moyen âge s'installent les habitants, quand ils commencent à délaisser le site de hauteur -auquel les seigneurs, pour leur part, préfèrent à présent des châteaux plus spacieux ou les agréments d'Aix -pour revenir à proximité de leurs cultures et de leurs pâturages.
     
 
  
Mais elle s'est fortement délabrée. Ils la reconstruisent au début du XVIe siècle, et restaurent le clocher roman, en partie écroulé, qui perd un étage. Aujourd'hui classé monument historique, le clocher porte, à son angle sud-est, la marque de ce remaniement tandis que, sur sa face nord, au-dessus de la corniche, le départ d'un pilastre est un vestige de l'étage supprimé.A la même époque, un cadet des seigneurs de Demandolx épouse la fille d'un ministre du comte de Provence (1492). Des nombreuses seigneuries que possède son beau-père, il reçoit celles de La Palud et de Meyreste. Décidé à y résider, il édifie un château à l'intérieur du nouveau village de La Palud, face à l'église. Il n'en subsiste qu'un bout de façade (côté ouest, chemin des Seyes), reconnaissable, malgré sa dégradation, aux pierres d'angle dont le bossage caractérisait la maison noble.
     À la fin du XVIe siècle, son héritier construit un nouveau
château, lequel, cent cinquante ans plus tard, subit agrandissement et surélévation.  Du bâtiment primitif,il ne reste que la belle façade nord. Travaux à peine achevés quand éclate la Révolution. 
   Acheté vers 1795 par une dizaine de familles qui l'habitent aussitôt,  le château,  dont les copropriétaires et leurs descendants assurent tant bien que mal l'entretien,  finit par menacer ruine. Il  n'a même plus de toit quand, au cours de la dernière décennie, la commune l'acquiet pour en faire une Maison de l'Environnement après remise en état. Quant à l'église paroissiale actuelle, dont la hauteur disproportionnée écrase le clocher du XIe siècle, elle date de 1870.
                                                      
Jean-Claude POTEUR- Jacques CRU
Châteauneuf-les-Moustiers
Mille ans d'histoire en quatre-vingts lignes
  Après avoir aidé le comte de Provence à chasser les Sarrasins (972), ses compagnons accaparent les espaces libérés. Aux confins de la Basse Provence et à la limite méridionale de l'actuel département des Alpes de Haute-Provence, des parents des vicomtes de Marseille occupent la cité épiscopale de Riez et un vaste territoire autour, tandis que les cadets d'une puissante famille qui possède Apt et sa région, s'installent sur le siège épiscopal de Senez et dans la vallée du moyen Verdon.  Les uns et les autres construisent des châteaux ; les premiers, entre autres celui de Moustiers, dont ils prendront le nom, et celui de Châteauneuf ; les seconds celui de Castellane.
   À l'extrémité orientale de leur domaine,  entre le verdon et la crête d'une chaîne des préalpes où culmine le Moure de Chanier (alt.1930 m), les Moustiers établissent une grande seigneurie. Au milieu, une montagne un peu isolée (alt. 1143 m), appelée aujourd'hui " Les barris ". À son sommet, (alt 1930 m),  ils érigent le premier " Castellum Novum " qui va donner  son nom à la  seigneurie.  Mentionné pour la première fois en 1062,  ce château a rassemblé sous sa falaise la population de l'oppidum pré-romain et des domaines agricoles environnants.  Du village primitif restent des fonds de cabanes  qu'enferment les vestiges d'un rempart de pierres sèches.  Au pied de la montagne,  sur un promontoire dominant une plaine marécageuse,  s'élève l'église paroissiale, que le pape Pascal II désigne dans une bulle (1114)  par le vocable d " ecclesia Sancte Maria de Palude ",  et dont subsiste aujourd'hui le clocher.
  Au milieu du XIIe siècle, le seigneur de Castellane, Boniface III, épouse la fille de Guillaumede Moustiers,  qui lui apporte le château et la seigneurie de ChâteauNeuf.   À la même époque, le comté de Provence échoit, également par mariage, à Alphonse Ier, comte de Barcelone et roi d'Aragon. Contrairement aux usages de la famille comtale précédente, Alphonse Ier exige l'hommage des grands féodaux de Provence.  Boniface III le lui refuse.  A l'issue de la guerre qui s'ensuit,  Boniface non seulement doit prêter hommage (1189),  mais perd un certain nombre de places, dont celle de ChâteauNeuf.  Le chevalier qui était responsable de sa défense, devant la disproportion des forces, a sans doute préféré la livrer sans combat.  En récompense,  Alphonse Ier lui cède la moitié nord de la seigneurie et son toponyme,  à charge pour lui de construire, avec une église et un village, le nouveau château sur un étroit plateau incliné qui surveille le seul chemin reliant Moustiers à Castellane.  Le comte conserve en propre la forteresse des Barris et la moitié sud du territoire . Celle-ci n'ayant plus de nom,  prend le vocable de l'église paroissiale et, depuis,  s'appelle La Palud.
      À la fin du XIVe siècle, après avoir dévasté la vallée du Rhône,
les " grandes compagnies " déferlent sur la Provence, puis la guerre civile consécutive à la succession de la Reine Jeanne multiplie coups de main et ravages. Partout, villes et villages relèvent leurs fortifications.  Autour de la plateforme sommitale de Châteauneuf,  le seigneur construit une enceinte dont subsistent quelques pans.  Nous ne savons rien des péripéties qui marquent la région dans les premières décennies du XVe siècle, ni sur le déroulement de la longue prostation qui s'ensuit.  Châteauneuf,  qui groupait 200 habitants en 1301, n'en compte plus,  cent ans après,  qu'une quinzaine,  réfugiés vraisemblablement dans les écarts ;  la ruine du village médiéval semble en effet survenue à cette époque. Jamais totalement désertée, la seigneurie a dû bénéficier d'un transfert de population.  La transaction passée avec le seigneur en 1570, indique que son repeuplement est accompli à ce moment.  En 1698, une enquête de réaffouagement dénombre 72 chefs de famille habitant 72 maisons.
À l'adret du sommet abandonné, un certain nombre de celles-ci,  plantées de part et d'autre d'une rue centrale,  donnent au nouveau village l'aspect que nous lui connaissons, avec sa place et sa fontaine. Selon un vieil historien, la population, qui s'élève avant 1787 à 600 âmes, habite en grande partie les hameaux de Chauvet, du Ponçonnet et du Plan.
   Ici comme ailleurs,  le sol constitue la principale richesse,  bien que  selon l'enquête de 1698,  il soit traversé par une " infinité de torrans : " ce n'est qu'une suite de ravines et de valons d'espace en espace ".  Malgré les récoltes irrégulières, les gelées tardives, les sècheresses prolongées, une répartition des terres inégale et de grands écarts de profits, longtemps le blé constitue la première source de revenus.  Autre activité  importante, l'élevage.  En 1471, la communauté ne rassemblait plus qu'une quinzaine d'habitants mais élevait déjà 180 moutons. Vers 1818, environ 1500 moutons et 150 chèvres constituent le cheptel,  nombres bien modestes en regard d'une population avoisinant les 700 âmes. C'est au moment où l'augmentation démographique aurait exigé une expansion économique avec multiplication du cheptel et pleine exploitation des forêts, qu'entre en vigueur le code forestier de 1825 ; l'appliquant strictement, l'administration conteste des usages séculaires (droits de dépaissance sur les pacages communaux, droits de parcours à travers les bois communaux, droits de coupes affouagères) et aggrave les conditions de vie.
   Au XIXe siècle,  la commune compte deux écoles. L'isolement n'incite guère les instituteurs à y venir enseigner,  et le manque d'assiduité des élèves lasse les plus résolus. Sans se décourager, le conseil municipal réaffirme la nécessité des deux écoles,  l'une au chef-lieu, l'autre à Chauvet,  " attendu que ce hameau, qui est distant du village d'une lieue, forme à peu près la moitié de la population de la commune ". D'ailleurs,  il y a également, pour les mêmes raisons, deux églises paroissiales. La voie qui va de Moustiers à Castellane en passant au pied du village, a été classée " route départementale N° 10 ".  Malgré la menace pour l'avenir de la commune,  qui n'aura " plus aucun débouché ni sur Moustiers, ni sur Castellane, à moins d'un circuit qui allonge infiniment le trajet ",  le service départemental de la voierie finit par détourner ce chemin, et le fait passer,  en 1860,  par La Palud,  parcours plus facilement praticable,  surtout l'hiver.
   Vingt ans après,  les conseillers annoncent la mort inévitable du village
s'il n'est pas mis fin à l'absence de voies carrossables. Leur avertissement est d'autant plus justifié qu'en Basse-Provence,  bénéficiant du développement du réseau routier,  du cabotage puis des chemins  de fer, le négoce ne trouve plus intérêt aux petits surplus qu'il se procurait dans le " haut pays ",  et que l'équipement agricole, dans le Var en particulier,  incite les paysans de la montagne,  jusqu'alors " émigrants saisonniers ", à s'y installer définitivement.
Quand survient la guerre 1914-18, depuis longtemps Châteauneuf n'a même plus de maréchal-ferrant.
Or 19 de ses jeunes hommes vont tomber sur les champs de bataille. Pareille hémorragie  ne pouvait que décourager les derniers habitants en vidant l'agriculture de ce qui lui restait de forces vives, mais aussi  en empêchant pour longtemps le renouvellement des générations. En 1974,  un arrêté préfectoral a rattaché Chateauneuf à La Palud par création de deux " communes associées " au sein d'une seule commune.   

Après la division imposée par le comte de Provence, et qui a duré huit siècles, les deux villages se retrouvent donc à nouveau unis pour accroître leurs chances dans un avenir commun.
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